28.06.11, Extraits Revue Books, mai 2011
Dans son livre « Bloodlands », Timothy Snyder prend un angle bien différent pour parler des souffrances engendrées par la seconde guerre mondiale. Pour lui notre imaginaire est dominé par l’expérience vécue à l’Ouest, alors que la majeure partie des destructions se sont opérées à l’Est. La Pologne, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes et l’extrême ouest de la Russie. Qui se souvient que la moitié de la population biélorusse a alors été tuée ou déportée. 4 des 5,5millions de juifs anéantis durant l’holocauste vivaient dans ses régions. Qui se rappelle du sort des 3.1mio de soldats soviétiques prisonniers de la Wehrmacht, exécutes ou morts de faim. Sans oublier les 3,3mio de paysans ukrainiens tuée par la famine provoquée par la collectivisation forcée de l’agriculture. Entre 1933 et 45, 14 moi de personnes ont été délibérément éliminées dans ses bloodlands et ce nombre ne tient pas compte des morts au combat. Le prisme de l’auteur met en relation les crimes nazis et communistes. L’intention de l’auteur est de démontrer que les deux systèmes ont commis le même genre d’atrocités simultanément et dans les mêmes régions et que leur interaction a conduit à plus de massacres qu’aucuns d’eux n’aurait pu perpétrer seul. Ainsi en URSS ce ne sont pas ni les poètes ou les dissidents qui sont morts massivement, mais bien les peuples issus de ces régions.
(20.06.Le Temps – Hernando de Sotto, économiste péruvien)
La globalisation a coupé les liens avec l’humanité. La finance globale a pris le dessus sur toutes les autres activités économiques, opère dans une monde virtuel, sans contrôle et sans avoir à rendre des comptes dans une sorte d’hyper réalité. Les produits dérivés permettent de lever des capitaux qui ne sont liés à aucun collatéral…
(7.06.11, Indignez-vous ! Stéphane HESSEL) C’est le Conseil de la Résistance qui en 1945 crée la Sécurité Sociale visant à assurer aux citoyens les moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, de quoi finir dignement ses jours. Les sources d’énergie, l’électricité et le gaz, les charbonnages, les grandes banques sont nationalisées. Un retour à la nation des moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergies, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques. « L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières. L’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier, le juste partage des richesses créées par le monde du travail doit primer sur le pouvoir de l’argent.
Les dépenses militaire US ont pratiquement doublé depuis 2001, elles frôlent aujourd’hui les 700 mia de $ par an. En 61 déjà Eisenhower soulignait les risques qu’un appareil militaire trop puissant pourrait faire courir au processus démocratique. Il n’y a jamais eu dans l’histoire récente de guerre aussi privatisée que celle d’Irak. En 2001 pour cent militaires il y avait un contractuel privé (mercenaire) en 2003 cette proportion passe à dix, en 2006 à trente-trois, en 2007 septante, en juillet de la même année il y avait moins de soldats que de contractuels. On avait alors dépassé ce que Friedmann même avait espéré.
A l’époque de l’éxecution de Saddam en 2006 1000 irakien étaient assassinés chaque semaine, en avril de cette année 4 mio avaient du quitter leur maison.
En 2004 au Sri Lanka le tsunami permit d’utiliser l’espace laissé libre par les habitations des pécheurs pour construire des hôtels de luxe. Ils se sont de manière accaparés la mémoire de certain.
Une année plus tard alors même que l’ouragan Katrina démontre au monde entier la fracture qui sépare la communauté américaine, Friedmann qui décédera en 2006 lance à la cantonade qu’il faut saisir cette opportunité pour réformer (privatiser) le système scolaire. « Les écoles de la Nouvelle Orléans sont en ruine comme les maisons de leurs élèves qui sont éparpillés partout dans le pays, c’est une tragédie mais aussi l’occasion de réformer le système d’éducation » son chant du cygne plaidait pour une privatisation totale de l’enseignement. »
Voilà ce que N. Klein entend par la stratégie du choc, un raid systématique contre la sphère publique au lendemain des cataclysmes, lorsque les gens sont trop focalisés sur l’urgence ou leur survie, pour protéger leurs intérêts.
En 2008 l’année du krach financier, les établissements financiers américains ont versé 18mld $ de bonus.
Afrique du tort
(27avr11) Qu’on ne vienne pas nous parler d’impuissance, d’engrenage ou d’option limitée, ces termes que le politiquement correct ou autrement dit une langue taillée dans un bois sans âme, tiennent à nous tendre comme paradigme ; il s’agit plutôt d’éviter de donner à l’élan des courants qui agitent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, un souffle qui déstabilise un équilibre qui ne profite qu’à quelques uns… ceux-ci même dont nous nous sommes assuré le concours
( Avr 2011) Nos médias ont beau nous bercer d’un printemps arabe, de révolution de Jasmin, leur parfum n’est pas forcément entretenu par autre choses que l’audimat dans notre vieille Europe, car notre solidarité s’est échouée sur les rives de Lampedusa.
(21 avr 2011) Pourquoi la Syrie ne subit-elle pas ce que l’on à réserver à la Libye alors que les victimes de répression avoisinent les 600 morts ? Une lecture plus fine nous révèle alors que ce pays, à l’image d’un puzzle qui ne s’embarrasse pas de bon sentiment, se situe au carrefour d’intérêts dont chaque bénéficiaire n’est pas prêt de négocier. Qu’on ne se méprenne pas sur mes déconvenues, je m’attache seulement à relever les paradoxes qui gèrent et servent depuis la nuit des temps de divers prétextes à la rupture d’un altruisme défunt, ce ciment qui nous relie les uns aux autres…
Ce n’est pas parce que la liberté des médias est moins bridée en Algérie qu’en Tunisie qu’il faut y voir une avancée démocratique significative. En effet prétextant une lutte contre l’islamisme, les autorités d’Alger ne laissent se développer aucun contre-pouvoir. Comme le relevait Rachid Boudjedra, il y a une connivence paradoxale entre ces adversaires déclarés, comme si les justifications de chacun reposaient sur l’autre.(11jan11) Le 17 décembre 2010 en Tunisie, Mohamed Bouazizi s’immole sur la place principale de Sidi Bouzid. Il entend par là protester contre la confiscation de sa marchandise par les agents municipaux et plus largement contre un vie misérable. « A quoi bon faire des études si c’est pour vendre des légumes au marché.
Le 22, Hocine Neji, se suicide sous les yeux de la foule en s’accrochant à une ligne à haute tension. « Je ne veux plus de cette vie de misère et du chômage» lance-t-il à la foule dans un dernier appel. Le 24 la police tire à balle réelle sur la foule faisant un mort.
(jan.11)
Res publicaLe 22, Hocine Neji, se suicide sous les yeux de la foule en s’accrochant à une ligne à haute tension. « Je ne veux plus de cette vie de misère et du chômage» lance-t-il à la foule dans un dernier appel. Le 24 la police tire à balle réelle sur la foule faisant un mort.
(jan.11)
C’est avec la Cité grecque qu’est apparue l’idée de la chose commune ou publique. A cela et dans le même registre vient s’ajouter la proposition chrétienne, mais qui se veut parfaite parce que la charité produit une union plus intime que le simple civisme et plus large que l’empire parce qu’elle tient à rassembler l’humanité dans son entier… Aujourd’hui les nations, discréditées par les catastrophes du XXème siècle sont épuisées. L’Europe à formé le projet de les remplacer par une construction analogue à celle de l’Etat-nation du XVIIIème, mais à une échelle plus vaste. Malheureusement, loin de se constituer en cadre politique, elle ne fait que s’étendre, ce qui la rend toujours plus improbable et montre qu’elle n’a pas de représentation nette de son identité. Le projet démocratique qui nait -pour simplifier- à la révolution française, a comme le projet chrétien, l’ambition de s’adresser à l’humanité entière. Aujourd’hui certaines élites semblent se satisfaire du dialogue, mais c’est insuffisant, il faut un médiateur et il s’agit de l’état nation.
(Le Temps 20.12.10 Adaptation d’un propos de Pierre Manent)
Jail house rock
Nous n’avons simplement plus les moyens de rendre notre justice si l’on supposait qu’elle tienne lieu d’exemple. Pour ceci, il faudrait alors que nous nous comportions avec nos détenus comme on aurait voulu qu’ils l’eussent fait avec leur victime, mais nos modèles butent sur notre volonté d’équité.
(26.05.11) Sur 779 prisonniers détenus à Guantanamo seul trois ont été reconnus coupables. (Extrait de N. Klein, La Stratégie du choc)
(29 déc.10, initiative sur le renvoi des étrangers criminels) Nous n’avons simplement plus les moyens de rendre notre justice si l’on supposait qu’elle tienne lieu d’exemple. Pour ceci, il faudrait alors que nous nous comportions avec nos détenus comme on aurait voulu qu’ils l’eussent fait avec leur victime, mais nos modèles butent sur notre volonté d’équité.
Punir nous suffit, nous n’avons plus assez d’empathie pour la chose humaine et prolonger l’action pénale au-delà de la sanction n’est simplement plus un thème (29 déc.10).
*Le suicide représente en Suisse 45% des décès en prison, si ce taux est de 1,6/10,000 dans la société civile, il est dix fois supérieur en milieu carcéral. (*Enquête L’Hebdo, 29 juillet 2010)
Une transparence qui dérange (déc. 2010) : depuis les épopées grecques, le récit des généraux romains, les chansons moyenâgeuses, la réécriture de l’histoire moderne, la propagande des années 40, puis les images du front Vietnamien tournées en direct, jamais une description des guerres ne fût plus ouverte et instantanée que celle proposée par Wikileaks. Ceux qu’elle importune sont exactement ceux qui craignent que l’étalage des newsbar ne suffisent plus à valider une posture que leurs électeurs récusent.
Julien Assange à réussi le tour de force de rendre relatif les mètres cubes d’informations diluées et leur réalité cachées se révèlent soudainement dans l’insipide bouillon où trempaient les restes prémâchés. De retrouver ses saveurs si longtemps cachées, c’est pouvoir consommer dans l’assiette de ces barons qui se réservaient les morceaux de choix pour les apprêter à la mode de leurs intrigues.(28 déc.10)
La politique occidentale est tentée par l’atroce pour assouvir sa boulimie d’hégémonie, quitte à traiter avec ses ennemis mortels… (R. Boudjedra/ FIS de la haine)
Nov. 2010 : certains médias sont le relais d’une junte dont le programme n’est plus ni inter, ni national. Il vise à asseoir une norme qui leur servira de socle. De là, ils donneront à leur pouvoir une étendue transparente, insipide, dont on se rendra compte de la portée qu’une fois, qu’ils nous auront jetés au rebus.
En travers de la route : la conquista à réduit au dixième la population qu'elle à croisé sur la route de ses découvertes. L'esclavage qu'elle remis à la mode déportera plus 15millions d'individus d'Afrique vers les nouvelles colonies. En 250 ans le nombre des suppliciés atteint une somme telle qu'elle afflige l'humanité d'un projet dont on peut se demander s'il appartient à notre espèce.
En travers de la route : la conquista à réduit au dixième la population qu'elle à croisé sur la route de ses découvertes. L'esclavage qu'elle remis à la mode déportera plus 15millions d'individus d'Afrique vers les nouvelles colonies. En 250 ans le nombre des suppliciés atteint une somme telle qu'elle afflige l'humanité d'un projet dont on peut se demander s'il appartient à notre espèce.